Via Lucis (2017) 13 mixed voices and viola da gamba 2018-07-23T23:54:53+00:00

Project Description

Via Lucis

 Spiritual motet for 13 mixed voices and viola da gamba
Texts : Louisa Paulin (french), De Profundis (latin), Jean de Valès and Peire Godolin (occitan)
(2017)
Duration : env. 9’
First performance on may 18th 2017 in Blagnac’s church (Festival Odyssud)
Christine Plubeau, viola da gamba – Chamber choir “Les Eléments” conducted by Joël Suhubiette.

To get the scores, send an email to the association Alcmène : Contact

When Joël Suhubiette commissioned me to write a new work for the Elements chamber choir, he wished that the piece should be part of his themed programme “Cappella Nostra” dedicated to the musical heritage of the Occitan region, situated between Toulouse and Narbonne.

After much research, one text drew my attention: the versified adaptation in Occitan of the psalm 29, written in the 17th century by Jean de Valès from Montauban. This choice led to the decision to also include the original psalm in Latin in the work.

However, two texts proved insufficient to cover the range of voice types (Sopranos, altos, tenors and basses): each must have their own text.

Consequently, one poem in Occitan by Pierre Goudelin from Toulouse (17th century) and one in French by Louisa Paulin from Albi (20th century) were added: two poems written with the same spiritual impetus as the original De Profundis, with the same ascension of the soul towards the redeeming light.

At the beginning of the work, the 13 voices whisper the De Profundis in Latin like a crowd crying out, pleading with muffled shouts, prompted by the anxious pleas of the viola de gamba.

The pleading is re-iterated with the same intensity, but this time in Latin and Occitan: the original psalm by the female voices, and its Occitan translation by the male voices, still prompted by the Viola’s frantic appeals.

From this forest of whispering sounds, relative calm follows which will little by little prompted by the virtuoso flourishes of the solo instrumentalist, build up to a  crescendo of desperate shouts, still with the Latin and Occitan De Profundis assigned to the female and males voices respectively.

Then the altos (Latin) and the tenors (Occitan) softly chant the two texts over the plaintive sound of the viola.

Then in come the basses with Goudelin’s poem and at last all the voices gradually join in finishing with the sopranos and the words of Louisa Paulin.

When these words reach “the edge of the light” the viola is hushed, leaving the choir a cappella to lead us towards the “other side”.

To end, after a tormented section where the viola converses with the sopranos who are anxious to let the “good sleep” of death win over an “icy memory” now superfluous, the polyphony moves forward again in a much warmer and calmer hue, in fact the ascension of the soul through the path of Light.

PBurgan

Textes

Pleureuse (voix de sopranos)

Pleureuse, qui convoies obstinément ton mort

Loin des rives de la lumière,

Renonce à l’émouvoir au secret du suaire,

Qu’une paix sans défaut le mène à l’autre bord.

Laisse-le dériver aux brises inconnues,

Ne l’importune pas de souvenir glacé,

Laisse le bon sommeil détruire le passé

Et le conduire au seuil de neuves avenues.

Que l’eau pure du temps, seule, le vivifie,

Que pour lui se distille un nombreux devenir

Puisque tes vaines mains ne surent retenir

Celui qui s’évada, Pleureuse, de ta vie.

Louisa Paulin
Fragments de la Chanson des regrets
(Réalmont, 21 août 1939)

De profundis, Psaume 129 (voix d’altos)

De profundis clamavi ad te, Domine,

Domine, exaudi vocem meam.

Fiant aures tuæ intendentes

In vocem deprecationis meæ.

Si iniquitates observaveris, Domine,

Domine, quis sustinebit ?

Quia apud te propitiatio est,

Et propter legem tuam sustinui te, Domine.

Sustinuit anima mea in verbo ejus,

Speravit anima mea in Domino.

Du fond de l’abîme je crie vers vous, Seigneur,

Seigneur, écoutez ma voix.

Que vos oreilles soient attentives

Aux accents de ma prière.

Si vous tenez un compte rigoureux de nos iniquités, Seigneur,

Seigneur, qui pourra subsister devant vous ?

Mais vous êtes plein de miséricorde, aussi

J’espère en vous, Seigneur, à cause de votre loi.

Mon âme attend, confiante en votre parole,

Mon âme a mis son espoir dans le Seigneur.

Del fin founs de moun cor… Psaume 129 (voix de ténors)

Del fin founs de moun cor, o Diu de las merbeilhos
Yeu me réclami à bous plounjat din l’aflicciu
Escoutats pla la boux de moun humblo ouraciu,
E per l’augi milhou faséts bous tout aureilhos.

Se bous abéts regard à nostres pecats, Seigne,
Qui pouïra daban bous prou segu se teni?
Més bous faséts fort pla, gran Diu, de nous puni,
Car qui bous aimario, se nou bous fasiats creigne?

La gracio siéc pertout bostro dibino essenso,
E yeu me souy toutjoun fisat d’abe perdou
Persoque bostre ley proumet al pecadou
Countrit, é repentent remissiu de l’ouffenso.

Moun armo a pacientat sus aquelo fisanso,
Car so que bous diséts bal may qu’argen countent:
E may que moun cor parle en beray penitent;
D’éstre un joun perdounat diu abe l’esperanso.

Du plus profond de mon coeur, ô Dieu des merveilles,
je vous implore, plongé dans l’affliction;
écoutez la voix de mon humble oraison,
et pour l’entendre mieux faites-vous tout oreilles.

Si vous prenez garde à nos péchés, Seigneur,
qui pourra devant vous se tenir assez sûr;
mais vous faites fort bien, grand Dieu, de nous punir
car qui vous aimerait si vous ne vous faisiez craindre?

La grâce suit partout votre divine essence
et j’ai toujours eu confiance d’obtenir le pardon
car votre loi promet au pécheur
contrit et repentant, rémission de l’offense.

Mon âme a patienté grâce à cette confiance
car ce que vous dites vaut mieux qu’argent comptant,
et pourvu que mon coeur parle en vrai pénitent,
d’être un jour pardonné il doit avoir l’espérance.

Psaumes de la pénitence. Jean de Valès (17e siècle – Montauban)
Traduction de Jean Eygun

La mort… (voix de basses)

La mort, que prou souben fa milhou qu’on nou penso,

Atrapèc justomen moun filhol al poupèl,

Afi que ple de layt, yeu dizi d’innoucenço,

Pel carrayrou de layt el gagnèsso le Cèl.

Pèire Godolin (Le Ramelet Mundi, prumièro Floureto)

La mort, qui bien souvent œuvre mieux qu’on ne pense,

Attrapa justement mon filleul sur le sein

Pour que, repu de lait – moi je dis d’innocence –

Dans le chemin lacté, puisse gagner le ciel.

Pierre Goudelin (Le Ramelet Mondin, première Floreta)
Traduction Patrick Burgan