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When forty winters (1998) Choeur mixte 2017-02-23T12:40:55+00:00

Project Description

When forty winters

Choeur mixte
(Poème de William Shakespeare)
(1998)
Durée : 6’
Création mondiale le 30 avril 1999 en l’église Saint-Pierre des Cuisines de Toulouse par le choeur de chambre « Les Eléments » sous la direction de Joël Suhubiette.
Enregistrement CD Hortus 2003 – Les Eléments
Editions Jobert

Parmi les nombreux et admirables sonnets de Shakespeare, toute une série de poèmes est consacrée à l’acharnement insidieux et inéluctable avec lequel le temps réduit à néant une belle apparence, un beau visage. Les jeunes atours de la beauté deviennent vite des haillons misérables.

Mais l’enfant, le fruit que porta jadis cette beauté, vient prendre le relais et perpétuer l’image de son géniteur – son âme aussi, peut-être ?

Ainsi le tournoiement lancinant des différentes voix du chœur évoque le poids de plus en plus oppressant de la vieillesse pour culminer sur un cri de révolte. Mais la lumière revient doucement éclairer, puis finalement illuminer, la révélation de l’enfant salvateur.

Toute la fin de l’œuvre écoute ralentir le cœur de ce vieillard – père ou mère – qui nous persuade d’une voix fatiguée, que sa vieillesse est enfin excusée.

When forty winters

When forty winters shall besiege thy brow
And dig deep trenches in thy beauty’s field,
Thy youth’s proud livery, so gazed on now,
Will be a tattered weed, of small worth held.

Then being asked where all thy beauty lies—
Where all the treasure of thy lusty days—
To say within thine own deep-sunken eyes
Were an all-eating shame and thriftless praise.

How much more praise deserved thy beauty’s use
If thou couldst answer « This fair child of mine
Shall sum my count and make my old excuse »,
Proving his beauty by succession thine.

This were to be new made when thou art old,
And see thy blood warm when thou feel’st it cold.

William Shakespeare

Lorsque quarante hivers assiégeront ton front et creuseront des tranchées profondes dans le champ de ta beauté, la fière livrée de ta jeunesse, si admirée maintenant, ne sera qu’une guenille dont on fera peu de cas.

Si l’on te demandait alors où est toute ta beauté, où est tout le trésor de tes jours florissants, et si tu répondais que tout cela est dans tes yeux creusés, ce serait une honte dévorante et un stérile éloge.

Combien l’emploi de ta beauté mériterait plus de louange, si tu pouvais répondre : « Ce bel enfant né de moi sera le total de ma vie et l’excuse de ma vieillesse ; » et si tu prouvais que sa beauté est tienne par succession !

Ainsi tu redeviendrais jeune alors que tu vieillirais, et tu verrais se réchauffer ton sang quand tu le sentirais se refroidir.

Trad. F.V.Hugo