Description du projet

Noli me tangere

Cantate liturgique pour soprano et grand orgue
(2019)

Durée : env. 26′

Commande de l’association Jeuxd’Orgue41
Avec le soutien de la fondation Francis et Mica Salabert

Texte : chapitre 20 de l’évangile de Jean

Création mondiale le 17 novembre 2019 en la Cathédrale St Louis de Blois
Delphine Guévar, soprano – Vincent Grappy, orgue

« Maria autem stabat » (extrait de la création)


Pour obtenir la partition, adressez une demande à l’association Alcmène dans la rubrique Contact

Structure

I – Prologue (orgue seul) : Marie Madeleine se rend au tombeau et s’aperçoit que la pierre a été enlevée. Elle court trouver Simon-Pierre et Jean qui courent sur le lieu et constatent que le tombeau est vide. Jean reçoit la révélation. Puis les disciples retournent chez eux (Résumé des versets 1 à 10)

II – Maria autem stabat : Maria autem stabat ad monumentum foris plorans. Dum ergo fleret, inclinavit se et prospexit in monumentum
Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau

III – Et videt duos angelos : Et videt duos angelos in albis sedentes, unum ad caput et unum ad pedes, ubi positum fuerat corpus Iesu.
Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.

IV – « Mulier, quid ploras ? » : Dicunt ei illi: “ Mulier, quid ploras? ”. Dicit eis: “ Tulerunt Dominum meum, et nescio ubi posuerunt eum ”.
Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »

V – Et videt Jesum stantem : Haec cum dixisset, conversa est retrorsum et videt Iesum stantem ; et non sciebat quia Iesus est.
Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.

VI – « Quem quaeris ? » : Dicit ei Iesus: “ Mulier, quid ploras? Quem quaeris? ”. Illa, existimans quia hortulanus esset, dicit ei: “ Domine, si tu sustulisti eum, dicito mihi ubi posuisti eum, et ego eum tollam”.
Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. »

VII – « Rabbuni ! » : Dicit ei Iesus: “ Maria! ”. Conversa illa dicit ei Hebraice : “ Rabbuni! ” — quod dicitur Magister.
Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.

VIII – « Noli me tangere » : Dicit ei Iesus: “ Noli me tangere, nondum enim ascendi ad Patrem; vade autem ad fratres meos et dic eis: Ascendo ad Patrem meum et Patrem vestrum, et Deum meum et Deum vestrum ”.
Jésus reprend : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

IX – Epilogue (orgue seul) : Marie-Madeleine va donc annoncer la bonne nouvelle aux disciples. Le soir venu, Jésus vint au milieu d’eux, et leur montra ses mains et son côté. Thomas, qui était absent ce soir-là, refuse d’y croire à moins de toucher les stigmates. Huit jours plus tard, Jésus vient à Thomas et lui demande de le toucher. Puis il lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » (Résumé des versets 18 à 31)
  (Chapitre 20 de l’évangile de Jean)

Note du compositeur

Cette œuvre est une lecture musicale du chapitre 20 de l’évangile de Jean qui nous présente Marie-Madeleine comme premier témoin de la résurrection de Jésus-Christ.

Malgré cet événement majeur, elle est assez peu représentée dans les textes officiels, et ne trouve une réelle place que dans les évangiles apocryphes (Philippe, Marie, Thomas).

D’ailleurs, si l’art pictural a été prolixe dans sa représentation et son intégration au sein des apôtres, elle est curieusement très peu présente dans l’histoire de la musique ; et il est étonnant que cet épisode crucial de la résurrection n’ait jamais été mis en musique.

Pourtant l’épisode relaté dans l’évangile de Jean est très riche, et contient une indéniable puissance dramatique : la douleur de Marie ; sa vision des 2 anges ; le Christ qu’elle prend d’abord pour un jardinier ; la fougue avec laquelle elle se précipite à lui lorsqu’elle le reconnaît ; enfin la mise en garde de ce dernier : le fameux « Ne me touche pas ! » ou, suivant les traductions, « Ne me retiens pas ! ».

Jésus est là, encore homme, face à cette femme qui a partagé sa courte vie. A-t-il peur, si elle touche son corps, de ne plus avoir la force de la quitter définitivement pour accomplir sa mission ?

Le traitement musical joue de cette ambigüité : la dimension spirituelle, voire surnaturelle, oscille avec la sensualité charnelle d’une attirance amoureuse.

La voix et l’orgue ne dialoguent que sur les versets mettant en scène Marie-Madeleine, seule ou avec Jésus. Un prologue inquiet et un épilogue flamboyant confiés à l’orgue seul, viendront commenter les interventions des apôtres au début et la fin du chapitre.

Le texte, très étiré, est abondamment commenté par l’écriture instrumentale, de manière à évoquer un temps suspendu qui donne aux quelques instants éphémères de cette rencontre un sentiment d’absolu et d’éternité.

C’est l’écriture organistique et les différents timbres des registrations qui conféreront à la voix, seule émettrice des mots, l’illusion d’un dialogue.

Les antiennes grégoriennes relatives à ce texte nourrissent, de manière plus ou moins repérable, les matériaux mélodique et harmonique.

PB