Loading...
Légendes (2012) Quatuor de trombones 2017-01-19T21:38:09+00:00

Project Description

Légendes

Quatuor de trombones
Poème mythologique en 3 parties (Colère-Nymphes-Forges)
(2012)
Durée : env. 9’
Création mondiale le 21 mars 2014 à l’auditorium Henri Dutilleux de Douai par le quatuor Quartbone.

(Colère – Nymphes – Forges)

« Certes, c’est une déesse crainte et vénérée qui est chez moi, celle qui me sauva, quand la souffrance me vint, après la longue chute voulue par ma mère aux yeux de chienne, qui désirait me cacher, parce que j’étais boiteux. Alors j’aurais souffert en mon cœur, si Eurynomé et Thétis ne m’avaient reçu en leur sein, Eurynomé, fille de l’Océan qui revient sur lui-même. Près d’elles, pendant neuf ans, je forgeai maint bijou bien fait, agrafes, spirales aux belles courbes, calices de fleurs et colliers, dans une grotte profonde. Autour d’elles, le cours de l’Océan, avec son écume et ses murmures, coulait, infini : et nul ne savait rien, ni des dieux, ni des mortels, sinon Thétis et Eurynomé, qui m’avaient sauvé. »

Homère : « L’Iliade », chant XVIII

Très touchante est  cette évocation par Héphaïstos lui-même de ses premiers pas dans le monde. D’abord précipité du haut de l’Olympe par sa mère Héra, honteuse de la difformité de son rejeton ; puis recueilli par de nouvelles mères et abrité dans les eaux amniotiques de l’océan ; enfin condamné à l’enfermement dans la chaleur des grottes et des volcans.

Les trois étapes de cette légende mythologique sont évoquées musicalement dans les différents mouvements de cette œuvre : la colère de la mère (ou du père car, dans un autre passage d’Homère, c’est Zeus lui-même qui « jette » son fils), les Néréides, nymphes de la mer calme, qui cachent l’infortuné sous les nappes liquides de l’océan, les forges flamboyantes du futur maître des Cyclopes.

Il en existe une version pour quatuor de trombones et deux percussions intitulée Telluris, et où les sous-titres plus matériels (Roches, Nappes, Airain) sont un hommage à la magie et la puissance de la terre, par l’évocation successive des montagnes, des mers et du feu de ses entrailles.