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Audi Coelum (1998) Ténor, 2 soprani, choeur et orgue 2017-10-08T01:55:46+00:00

Project Description

Audi Coelum

Ténor, 2 soprani, choeur et orgue
(1998)
Durée : 23’
Commande de l’ Etat
Création mondiale le 4 octobre 1998 à Toulouse dans le cadre du festival « Toulouse-les-orgues » par Cécile Dibon, Isabelle Poulenard, François-Nicolas Geslot, Véronique Le Guen et le choeur de chambre « Les Eléments » sous la direction de Joël Suhubiette.
Editions Jobert

Extrait 1

Extrait 2

Extrait 3
Le texte, anonyme et qui fut peut-être écrit au XVI e siècle, est un modèle de rhétorique, un de ces jeux littéraires qui allient la pirouette verbale à l’émotion poétique.

Claudio Monteverdi le mit en musique dans ses Vêpres et exploita le principe de l’écho avec une voix de ténor terminant les fins de phrase du soliste, lui-même ténor.

J’ai préféré pour ma part confier cet écho – autrement dit la réponse céleste à la prière de la voix initiale (ici toujours un ténor) – à deux voix de soprano. Ce duo de voix féminines, non seulement complexifie la répétition des syllabes, mais renforce, par le contraste de timbre, l’aspect magique et immatériel de cette réponse divine. L’écho prend d’ailleurs des proportions telles, à l’apparition du nom de Marie, que l’orgue et les quatre voix du chœur s’y glissent doucement, semblant ainsi y prendre naissance.

Commence alors une progression polyphonique au cours de laquelle c’est le ténor solo qui devient écho puisqu’il confirme l’identité de la merveilleuse inconnue («c’est elle !»). Cette progression culminera lorsque tous (« Omnes ») auront reconnu la médiatrice et s’apprêteront à la suivre.

Suit une calme prière du chœur a cappella invoquant le Père, le Fils et la Mère, avant que le soliste, en des accents proches du début de l’œuvre, ne vocalise un dernier écho : « Amen ».

C’est sur ce mot que le chœur étire longuement son unisson, pendant que les deux anges nous répètent, comme en un tourbillon éternel : « tu es bénie, Vierge Marie, dans les siècles des siècles ».

Patrick Burgan

A propos de la création d’Audi Coelum : voir le documentaire « Les 20 ans de Toulouse-Les-Orgues »

Texte en latin

Audi cœlum, verba mea,
plena desiderio et perfusa gaudio. Eco : Audio!
Dic, quaeso, mihi :
Quae est ista, quae consurgens
ut aurora rutilat ut benedicam ? Eco : Dicam !
Dic nam ista pulchra ut luna, electa
ut sol, replet laetitia
terras, coelos, maria ? Eco : Maria !
Maria Virgo illa dulcis, praedicata de propheta Ezechiel
porta Orientalis ? Eco : Talis !
Illa sacra et felix porta per quam mors fuit expulsa,
introduxit autem vita ? Eco : Ita !
Quae semper tutum est medium
inter homines et Deum,
pro culpis remedium. Eco : Medium !
Omnes hanc ergo sequamur,
qua cum gratia mereamur
vitam aeternam consequamur. Eco : Sequamur !
Praestet nobis Deus,
Pater hoc et Filius, et Mater
cuius nomen invocamus dulce
miseris solamen. Eco : Amen !
Benedicta es, virgo Maria, in saeculorum saecula.

Traduction française

Écoute, ciel, mes paroles,
pleines de désir et inondées de joie. Écho : J’écoute !
Dis-moi, je t’en prie :
Qui est-elle, celle qui brille comme l’aurore,
lorsqu’elle paraît, que je la bénisse ? Écho : Je vais le dire !
Dis-moi donc : belle comme la lune,
distinguée comme le soleil, elle remplit d’allégresse
la terre, les cieux, les mers. Écho : Marie !
Marie, cette douce Vierge annoncée par le prophète Ezéchiel,
porte de l’Orient. Écho : Elle-même !
Cette porte sacrée et bénie.par laquelle la mort a été chassée
et la vie réintroduite ? Écho : Cela même !
Qui toujours est sûre médiatrice
entre les hommes et Dieu,
à nos péchés remède ? Écho : Médiatrice !
Suivons-la donc tous,
elle dont la grâce nous vaudra la vie éternelle,
suivons-la ! Écho. Suivons !
Que Dieu nous l’accorde,
le Père et le Fils, et la Mère aussi
dont nous invoquons le doux nom,
consolation des malheureux. Écho : Amen !
Tu es bénie, Vierge Marie, dans les siècles des siècles.