Elle (Her) (2012) 8 female voices 2017-10-15T23:25:31+00:00

Project Description

Elle (Her)

8 female voices
Poem by Florence Delay (« Ghost »)
(2012)
Duration : 12’
Commission of the Britten choir
First performance on march 19th 2014 in Lyon by the Britten choir directed by Nicole Corti.
Editions Symétrie

An enigmatic feminine presence swirls in a dark and worried volubility, with short and cutting sentences: this first part of Florence Delay’s poem “Ghost” is like a restrained anxious cry, the echo of which is reflected in a complex and profuse material through the eight voices of the women’s choir.

Then when it’s said : ” My name is Girl, I tell the truth “, a tissue of soft vocalisations let ring the echos of a serene somewhere else. Time is suspended …

This climax, however it takes the central position in the poem, is situated much further in the music score – actually at the golden number (two thirds proportions). In fact from now on, a bright agitation hurls the events, and assemble the souls through the crackling sounds of wood-blocks and rain-sticks

 

Ghost – Florence DELAY

Sur la colline, elle marche devant moi. Toute proche il y a un instant, je la perds de vue. Ce n’est pas une ombre, non, je vous assure, elle portait sa longue robe d’hiver. Le ciel était sans nuages et les ombres ne sont pas vêtues.

A travers le sous-bois humide, un petit ruisseau me guide. Il s’arrête dans un pré, là pousse du cresson. Vert comme la robe verte qu’elle portait l’été. Mais nous n’étions pas en été. J’ai eu froid, j’ai rebroussé chemin, un coq a chanté.

Elle m’avait dit : tu ne seras jamais seule, je reviendrai. J’ai eu peur, j’ai presque dit non. Oui j’ai dit non. Elle a ri : Promis, je reviendrai. Après son départ, elle est donc revenue.

Mon nom est Fille, je dis la vérité, mon pouvoir est grand. Je te distribue en chantant.

Ceci est un chant contre la peur des fantômes, des esprits et des âmes. Ne fuyons pas, ils ont besoin de nous. Notre pouvoir est grand. Retournons dans leurs lieux préférés, refaisons les mêmes gestes, enfilons leurs vêtements, bavardons avec eux. Si je m’endors dans ses draps, si je respire son parfum, après l’ondée l’heure bleue, elle revient, elle revient.

Elle ouvrait sa fenêtre à l’orage, je l’ouvre. Elle ne fermait pas sa porte à clef, je la ferme, elle passe par la fenêtre. Quand une chouette hulule, quand un chien aboie, quand j’enfile sa cape ou son manteau, elle est là.

Sur les dunes, elle cueillait des oeillets sauvages, dans les champs du blé vert, des herbes dans les bois, les prés, de tout elle faisait un bouquet. Mais moi je vis en ville et je m’offre des fleurs pour la rejoindre.

 

Listening